Expulsions violentes à Delmas Est-ce que c’est le changement promis par Martelly ?

…Au moment où il commençait à pleuvoir à Port-au-Prince dans la nuit du 23 mai, des centaines de familles étaient sans abri à nouveau. Tôt ce matin, armés de gourdins, des policiers haïtiens ont saccagé leurs abris temporaires de tentes, de bâches, et de vieux bois, où ils avaient vécu pendant les 17 derniers mois.

Des officiers de la Police Nationale Haïtienne, accompagnés par des agents du maire Wilson Jeudy de Delmas, ont détruit le petit camp à l’intersection de la route de Delmas et de celle de l›aéroport, une zone connue sous le nom de Kafou Ayopò. La police est arrivée après que de nombreuses personnes avaient quitté le camp pour chercher du travail et a immédiatement commencé à détruire des tentes avec des matraques, en dispersant des personnes et des biens. La police a blessé certaines personnes avec leurs matraques lors de la destruction du camp de tentes. Plus tard, quand les gens ont spontanément manifesté contre l’expulsion brutale, la police a continué à battre ceux qui étaient venus porter main forte et a tiré des coups de feu pour disperser la foule, blessant au moins une personne.

À la suite de cette éviction inattendue et forcée, les bâches de la Croix-Rouge américaine et l’USAID ont été éparpillées parmi les quelques biens que les victimes avaient récupérés et accumulés depuis que le tremblement de terre avait détruit leurs maisons en Janvier 2010. C›était comme si un ouragan avait détruit le camp, mais la dévastation a été par l›homme.

Ce n›est que le dernier exemple de la façon dont la vie est de plus en plus intenable pour les victimes du tremblement de terre d›Haïti. Un récent rapport de l’Office des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) estime qu›au moins 50% des personnes déplacées à l’intérieur (PDI) d’Haïti sont sous la menace d’une expulsion forcée. Après 17 mois de squatter sous des tentes et des bâches déchirées, les familles sont maintenant arrachées de force des terrains publics et privés sur lesquels ils vivent depuis plus d’un an parce qu’ils n’ont nulle part où aller.

Le président Michel Martelly a un programme pilote de déménager six camps, au moins trois au cours de ses 100 premiers jours au pouvoir. Si l›expulsion à Kafou Ayopò est un indicateur, ces expulsions seront faites sans une procédure régulière, sans consultation de la collectivité, sans aucun plan connu pour la réinstallation, et avec violence.

Le président Martelly a promis de résoudre le problème des personnes déplacées sur les terrains publics et privés, mais après l›exécution de sa campagne sous le slogan du «changement», beaucoup ne croyaient pas qu›il allait poursuivre les expulsions forcées illégales. Le président Martelly n›a fait aucune déclaration jusqu’à présent au sujet de l’expulsion violente de Delmas.

Brillants par leur absence sur la scène étaient les représentants de la Coordination et de la Gestion des Camp (CCCM) de l’Organisation des Nations Unies. Ils sont censés protéger les personnes déplacées en Haïti, pourtant ils n’ont rien fait pour faire connaître comment leur situation est désastreuse. En dépit d’être responsable de la gestion des camps, la direction du CCCM de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a annulé la réunion du groupe [cluster] de cette semaine. Les expulsions et le déménagement ne figurent même pas parmi les questions principales sur l’ordre du jour de la CCCM cette semaine.

Le maire Jeudy de Delmas a annoncé qu’il continuerait à expulser les personnes déplacées dans la région de Delmas. Est-ce que le président Martelly soutient ces expulsions violentes ou non? Des Parlementaires des États-Unis feront une déclaration publique prochainement exprimant leur profonde préoccupation sur les expulsions en cours sans les plans de réinstallation. Vous pouvez ajouter votre voix en appelant à l’ambassade d’Haïti à Washington, DC (202-332-4090, ou par courriel: embassy@haiti. org) pour leur faire savoir que vous voulez qu’ils prennent des mesures immédiates pour protéger les familles les plus vulnérables d’Haïti avant la saison des ouragans qui commence la semaine prochaine.

Demandez au Gouvernement haïtien de:

1. Cesser immédiatement l’expulsion forcée des personnes déplacées sans procès, sans des plans de réinstallation.

2. Consulter les communautés afi n de créer des plans de réinstallation réaliste. Les dons de $500 ne feront que conduire les familles à passer d’une situation précaire à des conditions de vie qui peuvent être encore plus dangereuses.

3. Mettre en place des mesures immédiates pour protéger les enfants vulnérables et leurs familles pendant la saison des ouragans à venir.

Melinda Miles est la fondatrice et directrice de Let Haiti Live, un projet de TransAfrica Forum.
Par Melinda Miles

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